Carnet n° 519 du 10 septembre 2018

Vous avez dit « Nouveau Monde » ?

 

Ce n’est pas la première fois que je « me » pose et que je « nous » pose cette question dès après la victoire « en mode commando » de M. Macron et de ses marcheurs, la percée significative de M. Mélenchon et de ses « gardes rouges » et ce, au prix de la quasi-destruction des structures et des partis « traditionnels, PS, Verts, LR et même FN, Monsieur Macron réussissant à faire oublier sa carrière politique fulgurante auprès de Monsieur Hollande dans sa campagne de 2012 d’abord, à l’Elysée ensuite en tant que Ministre de l’Economie enfin, et Monsieur Mélenchon faisant de même, après et pourtant sa très longue carrière au PS dont il était un des « caciques », ce qui lui a d’ailleurs permis d’exercer à peu près tous les mandats que le PS lui a généreusement confiés.

Tout cela on le savait, mais, pour autant, ils ont réussi à en convaincre du contraire une majorité de Français(es) (et pas seulement pour battre Madame Le Pen), eux qui étaient pourtant les héritiers d’un « ancien monde » qu’ils n’ont pas cessé de brocarder.

Beaucoup d’électrices et d’électeurs ont d’ailleurs très vite déchanté dès que M. Macron, qui s’était pourtant dit « ni de droite ni de gauche », a largement privilégié et servi « les très riches »… au détriment et par prélèvement sur les pauvres et sur les classes moyennes tout en entreprenant, « en même temps », de déréguler le droit du travail, de réduire les services publics et d’assécher tout ce qui relève du social…

Est-il besoin aujourd’hui de le redire et d’en redonner des exemples bien connus ? et ce, sans oublier tous les mauvais coups annoncés qui seront encore portés aux retraités, aux chômeurs, aux classes moyennes et aux plus pauvres, directement et indirectement via de multiples taxes et impôts plus ou moins bien dissimulés mais dont chacun peut mesurer les conséquences sur son pouvoir d’achat.

Restaient les questions « de morale et d’éthique », ainsi que les objectifs annoncés de modernisation de la vie publique et politique…

Là aussi, et très vite, « patatras » avec des candidats et des élus « en marche » pas tous exempts de situations plus ou moins « discutables » (et je suis très modéré dans mes propos), « l’affaire Benalla » qui est loin d’être terminée, le tout dans une ambiance de copinage affiché et arrogant.

On me dira que ce n’est pas nouveau. Peut être, mais depuis plus de 55 ans que je milite pour des idées et des valeurs de progrès, pour notre République et ses valeurs, pour une Europe, condition de paix et d’existence sur notre continent,

oui, depuis 55 ans, je n’ai jamais vraiment connu cela de manière aussi clairement et outrageusement assumée !

On est bien loin de ce « mythique nouveau monde » annoncé et on en vient à regretter « un ancien monde » qui, même avec ses défauts, gardait « une certaine humanité »…

De fait, on constate aujourd’hui en France que sous le règne du Président Macron, on cumule davantage les réels travers de « l’ancien monde » et ceux de son soi-disant « nouveau monde » qu’on ne réduit les défauts de cet ancien monde dont on commence même à regretter certains de ses aspects.

Et ce qui est vrai aujourd’hui en France, l’est malheureusement tout autant en Europe, aux Amériques, dans l’ancienne Russie et dans l’ex-périmètre de l’empire Ottoman, en Orient et en Afrique.

Pour en revenir à la France de cette semaine écoulée, il faut remonter à la 4ème République pour voir en quelques heures un ancien vert passé furtivement par les primaires du PS et s’être rallié à M. Macron pour devenir Président de l’Assemblée Nationale (« et plus macroniste, alors, tu meurs… »), devenir ministre de l’écologie (d’un Président dont il niait en début 2017 toute idée en la matière) et ce, pour essayer « en même temps » de promouvoir au perchoir un ex-PS, premier de cordée dans les ralliés PS dont les médias n’ont pas fini de parler…

Si Edgar Faure avait pu dire que «ce ne sont pas les girouettes qui tournent mais, c’est vent », on mesure, à ce niveau, « les conséquences du dérèglement climatique sur la violence accrue des vents ».

Pas étonnant que M. Macron « se rapetisse » dans les sondages dont un le crédite même d’un petit 23%… et ce n’est qu’un début.

A l’image d’un lavabo qui se vide de son eau, c’est à la fin que l’on voit le tourbillon s’accélérer…

Et ce n’est pas le médiocre cinéma marseillais du week-end où on a voulu nous faire croire que le Président Macron avait rencontré « par hasard » M. Mélenchon dans « un bar du vieux port »… (triste réplique de « Borsalino »), qui grandira la politique et donnera aux Français(es) l’espoir d’un « monde nouveau » quand il ne s’agit pour les deux protagonistes que de conforter « leurs meilleurs adversaires ».

C’est François Mitterrand qui a dit un jour :

« Mieux vaut maintenir en place un adversaire (finalement) docile que d’installer un « ami » indocile »,

et comme l’a écrit John Petit-Senn

« Les amitiés politiques sont souvent des haines en commun ».

Comme on dit… « pas très beau tout cela » !

Heureusement pour moi, il y a Villeneuve d’Ascq avec cette semaine à V2, l’occasion pour moi,

avec l’inauguration de sa première tranche de travaux, de parler de « Grand Angle » et de préciser les conditions et le calendrier du nouveau « Centre Ville du 21 ème siècle »… sans trop bousculer ses habitants,

avec l’arrivée d’un nouveau Général commandant à la Gendarmerie,

avec une réunion plénière de tout notre Conseil Municipal que j’ai jugée très positive dans la défense de nos services publics et de nos libertés individuelles (ligne Orchies-Ascq-Pont de Bois, défense du service postal et liberté de choix sur les compteurs Linky),

une rentrée scolaire qui s’est plutôt bien passée grâce à notre vigilance… même si ce n’est pas fini à l’heure où l’État réduit nos moyens et ceux de nos écoles,

sans oublier quelques décisions prises par moi concernant la place de la République à Annappes et le centre d’Ascq pour éviter de « gâcher la vie des habitants »,

une braderie sur la Chaussée de la l’Hôtel de Ville suivie d’une rencontre au Centre Social,

et bien sûr, sinon surtout, l’édition 2018 de notre Foire aux Associations sur le thème des « mobilités dans une Ville en mouvement », un très bon cru avec près de 3500 visiteurs ce dimanche de 14h à 18h, dans une ambiance sereine et joyeuse qui m’a vu y rester quasiment tout le temps et où j’y ai rencontré des Villeneuvois(es) aimant leur ville et dont beaucoup m’ont montré (et ce n’est pas désagréable) qu’ils « m’appréciaient »…

J’y ai puisé de l’énergie pour défendre la vie associative à tous les niveaux, « première de cordée » dans la Démocratie Participative aux côtés des Conseils de quartier en cours de renouvellement, des comités divers et des citoyens qui, à tous propos, s’expriment individuellement et collectivement.

Pour moi c’est d’abord cela « un nouveau monde » qui respecte et donne la parole à tous les citoyens.

Comme c’est cela « un nouveau monde » de toujours mieux vivre et faire vivre sa ville et ses citoyens à travers tous les services et activités qui sont proposés.

Comme c’est cela « un nouveau monde » que de développer dans années futures et à partir de 2020 et même si cela n’a jamais cessé à Villeneuve d’Ascq, tout ce qui ressort et de ce que l’on peut qualifier dans tous les domaines, « d’écologie au quotidien ».

Comme c’est enfin, cela « un nouveau monde » de toujours préparer l’avenir en assurant le quotidien.

C’est pourquoi, plus que jamais, je prépare avec « Ensemble pour VA 2020 » (et quelle que soit la place que je déciderai de solliciter et que les Villeneuvois décideront de me confier) un projet pour notre Ville avec tous les Villeneuvois qui le souhaitent pour encore mieux Vivre et faire Vivre notre Ville et tous ses habitants.

J’ai « des tas d’idées pour cela » et ce dimanche au Palacium, j’en ai reçu « des tas d’autres ». Dommage que les technocrates qui veulent nous gouverner à tous les niveaux ne savent pas prendre le temps nécessaire de se plonger dans ce bain citoyen constitué par nos Associations.

Je dirais simplement « tant pis pour eux » et tant qu’il restera des élu(e)s comme le sont une majorité d’élu(e)s de mon équipe qui font passer leurs idées et leurs valeurs avant des calculs politiciens et « des manœuvres de bas étage », il restera de l’espoir pour « un nouveau monde qui additionne ses qualités avec celles de ce que l’on appelle « l’ancien monde ».

Je n’ai pas fini d’y revenir… en particulier à propos de « l’explosion du numérique » qui se fait au détriment de l’humain et qui risque de faire exploser notre société avec l’avoir fracturé…

On le voit, il y a encore du pain sur la planche et j’ai encore de l’énergie… pour le modeler et le faire cuire…

Avec pour moi en toile de fond de mon engagement intact, cet acte de foi de Pierre Rabhi, écrivain, philosophe, réalisateur et écologiste pionnier de l’agriculture écologique :

« Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes ».

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