Mon allocution lors de la cérémonie du 8 mai 2018 : 73 ème anniversaire de la victoire de 1945,

Mesdames et Messieurs les représentants des Associations Patriotiques, toujours présentes et présents.

Messieurs les porte-drapeaux, toujours aussi fidèles autour de nos Monuments.

Mesdames et Messieurs les représentants des Associations Villeneuvoises.

Mesdames et Messieurs les musiciens de l’Avenir et de la Philharmonie d’Ascq dont la présence enrichit nos manifestations.

Mesdames et Messieurs les représentants des Corps Constitués locaux, régionaux et nationaux,

Mesdames et Messieurs les élus municipaux, élus de la MEL, élus départementaux et régionaux, conseiller(e)s de quartier et conseiller(e)s jeunes.

Mesdames, Messieurs,

Mes Chers concitoyens,

Il y aura 78 ans, après-demain le 10 mai 2018, les troupes Allemandes se lançaient à l’assaut des Pays-Bas, de la Belgique et de la France après avoir déjà soumis les peuples polonais, tchèques et slovaques.

C’était le 10 mai 1940. La France, basculait dans une terrible guerre après 8 mois et 5 jours de ce que l’on a appelé improprement « la drôle de guerre »,  huit mois et 5 jours donc après la déclaration de guerre faite à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 par la Grande Bretagne et par notre pays.

Cinq ans plus tard, il y a 73 ans aujourd’hui, cette seconde et meurtrière guerre mondiale se terminait pour la France et pour l’Europe, c’était le 8 mai 1945,

avant qu’elle ne se termine dans sa dimension mondiale le 2 septembre 1945 avec la capitulation sans condition du Japon.

Cinq ans après le 8 mai 1945, le 9 mai 1950, Robert Schuman signait ce que l’on a appelé « l’Acte de Naissance » de l’Union Européenne, un 9 mai qui devait devenir le jour choisi pour Fêter l’Europe.

3 septembre 1939, 10 mai 1940, 8 mai 1945, 2 septembre 1945, 9 mai 1950 : 5 dates de l’Histoire de France, de celle de l’Europe et de celle du Monde, 5 dates pour redire, combien l’œuvre de Paix, qui doit nous mobiliser encore, est née du refus de toutes les guerres qui, au cours du XXème siècle, ont déchiré l’Europe par deux fois et meurtri le Monde entier.

N’oublions jamais que le conflit qui finissait en Europe, il y a 73 ans le 8 mai 1945 et qui devait durer 4 mois encore en Asie avec les 2 premières bombes atomiques lancées sur des Villes Japonaises, n’oublions jamais, en effet, que ce conflit avait été le plus meurtrier de tous les conflits qui ont meurtri la terre depuis que l’homme y vit.

Ce conflit avait mis en œuvre les moyens de destruction les plus démentiels jamais réunis. Il avait aussi déchaîné l’œuvre la plus barbare de tous les temps, dépassant en ignominie tout ce que ce monde avait connu jusque là.

Il avait été le formidable affrontement entre ʺle mal absoluʺ incarné par le nazisme, et de ses complices et de toutes les forces, pays et armées qui s’étaient réunies pour combattre et finalement vaincre ce « mal absolu ».

La guerre de 39/45 a, en effet, concerné la quasi totalité des pays d’Europe et beaucoup d’autres pays dans le monde.

Elle a lancé les uns contre les autres des millions de jeunes gens qui auraient eu, sans elle, tellement mieux à faire durant leur vie, individuellement et collectivement.

Cette guerre a fait éclore les actes les plus héroïques et les plus admirables mais elle a aussi été le théâtre des pires abjections.

Aux combats des fronts, aux bombardements, aux massacres de civils, dont celui d’Ascq, s’étaient ajoutées les déportations, les tortures, la volonté innommable d’extermination de tout un peuple, le peuple juif, un peuple accompagné dans son martyr par tous ceux que le nazisme avait jugé indignes de vivre.

Et vint enfin, le 8 mai 1945, et avec ce jour, la fin de cette guerre en Europe, la fin d’un cauchemar, une joie immense partagée partout avec tous  nos libérateurs, le rêve d’un nouveau monde pacifié, libéré et prospère.

En commémorant, en ce matin du 8 mai 2018, le 8 mai 1945, et en rendant hommage aux victimes de ce conflit, nous mesurons que le Monde dans lequel nous vivons depuis, est aussi la conséquence directe de cette victoire de la Liberté contre des démons et le résultat de tous les sacrifices qui l’ont permis.

Celles et ceux qui, il y a 73 ans, fêtaient cette victoire ne mesuraient sans doute pas vraiment les responsabilités qui allaient être les leurs.

Depuis, c’est notre tour qui est venu.

Oui, Mesdames, Messieurs, mes Chers Concitoyens, à notre tour, ne l’oublions jamais : « A chaque génération, sa tâche de mémoire pour ce qui est du passé et ses devoirs pour l’avenir des générations suivantes ».

Celles de ces générations, auxquelles appartiennent beaucoup d’entre-nous, celles qui ont eu la chance de ne pas connaître cette seconde guerre mondiale, ont, plus que jamais des tâches et des devoirs à accomplir.

Ces tâches mémorielles et ces devoirs pour l’avenir ont pour noms :

  • « construction » oui, construction d’un Monde plus fraternel et plus solidaire.
  • « refus » oui, refus absolu du racisme, de la xénophobie et des intégrismes de toutes sortes.
  • « combat » oui, combat pour les Droits de l’Homme.
  • « défense » oui, défense de l’existence d’une Europe Unie,
  • « vigilance », oui vigilance vis-à-vis de tout ce qui nous conduit, chaque jour, vers de nouveaux conflits planétaires dont nous vivons déjà les prémices et les drames.

Oui mes chers concitoyens, notre engagement résolu dans tous ces combats pour la Paix en Europe et dans le Monde, c’est aussi notre manière de rendre hommage aux victimes de la deuxième guerre mondiale dont nous commémorons la fin en ce 8 mai 2018.

N’oublions jamais que chaque guerre qui tue encore dans le monde en Afrique, au Moyen Orient et partout ailleurs, chaque civil, chaque enfant, chaque femme, chaque homme qui meurt dans un bombardement, dans un attentat dans un massacre ou une exécution est une injure faite à la mémoire des victimes que nous honorons.

C’est pour la mémoire des soldats de tous les pays alliés engagés dans ce conflit mondial contre le nazisme, et ses complices, la mémoire des résistants, des civils et  des déportés,

qu’il est, oui, je le répète, de notre Devoir de continuer leur combat, le combat pour la Justice, le combat pour la Liberté, le combat pour la Paix.

Nos combats pour l’Europe, nos combats pour une Organisation des Nations Unies plus active, nos combats contre toutes les formes de dictature, d’intolérance et d’intégrisme sont autant de manières d’être fidèles à la mémoire de ceux au nom desquels nous nous recueillons aujourd’hui devant nos 4 Monuments aux Morts de Flers Breucq, Flers Bourg, Annappes et maintenant d’Ascq et devant les « Crieuses de la Paix », de la rue du 8 mai 1945.

Qu’ils reposent en paix avec l’expression individuelle et collective de notre profond respect et de notre reconnaissance pour ce qu’ils ont fait pour nous et pour les leçons qu’ils nous ont laissées.

73 ans après le 8 mai 1945, pour eux donc et en leur nom,

ensemble, redisons-le, comme chaque année, avec foi et surtout détermination :

Vive la République ! Vive la France !

Vive l’Europe et Vive la Paix !

 

Gérard Caudron
Le 8 mai 2018

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