Carnet 35 du 1er décembre 2009

Les retraités, personnes vieillissantes et personnes âgées de notre Ville sous l’égide de notre « Instance locale de coordination » nous ont offert ce dimanche après-midi à l’Espace Concorde un spectacle d’une très grande qualité avec des moments d’émotion et de rires d’une rare intensité, le tout assorti d’un talent quasi professionnel.

C’était le spectacle de clôture de « l’Automne bleu » sur le thème « du secret ».

Théâtre, chansons, musiques et danses de 7 à 77 ans…, une belle image de Villeneuve dans toutes ses dimensions intergénérationnelles.

Chapeau les artistes !

Au coeur des sketches, une histoire.. celle de « l’homme, de son fils et de l’âne » trottinants sur une route imaginaire…

Premier tableau : l’homme est sur l’âne et le fils les suit …

La foule gronde : « laisser ainsi un enfant courir derrière son équipage… »

Deuxième tableau : le fils est sur l’âne et le père suit à pied… et la foule de crier au scandale du père par le fils abandonné.

Troisième tableau : le père et le fils sont sur l’âne… et la foule de plaindre alors le pauvre animal par trop surchargé.

Quatrième tableau : lâne trottine seul tandis que le père et son fils peinent à le suivre.. et les mêmes bons esprits de crier à l’anormalité d’une telle situation…

Conclusion : Quoique l’on dise et quoiqu’on fasse… on est toujours critiqué et si le « secret du bonheur » n’était tout simplement que de vivre et d’agir selon sa conscience sans trop s’occuper des réactions et commentaires… ?

Quelle belle leçon pour nous, les élus, qui quoique l’on fasse, déplaisons toujours à quelqu’un quand ce n’est pas aux mêmes… à tour de rôle… et au fil du déroulement des évènements.

Un exemple : dans un quartier des voitures sont mal stationnées. On nous demande d’y faire passer la police municipale qui y distribue des PV, provoquant ainsi la colère de bien des demandeurs initiaux aujourd’hui sans doute, injustement sanctionnés…

Et je ne m’appesantirai pas sur eux qui se verraient bien refuser le permis de construire du Grand Stade, même sans motifs légaux, et qui s’étonnent des exigences réglementaires qui s’imposent quand ils veulent bâtir ou transformer leur habitation.

Sans oublier celles et ceux qui se plaignent d’une insuffisance de logements pour leurs parents ou enfants et qui refusent toute construction sur le terrain pourtant libre à côté de leur lotissement…

et je ne parle pas des défenseurs des Roms qu’il faudrait accueillir et loger… mais un peu plus loin de leur habitation…

Ainsi va la vie et notre société !

J’aimerais en sourire si ce n’était si grave en terme de « vivre ensemble ».

Le référendum suisse sur les minarets nous le rappelle aussi…

Où finit la tolérance ? Où commence l’exigence ?

La réponse, pour moi, tient dans les lois, les règles et les valeurs de notre République et dans celle qui conditionne tout : la LAICITE, autrement dit, le droit pour chacun de croire ou de ne pas croire en un Dieu, la possibilité pour chacun d’en être fier et de l’afficher… sans pour autant permettre à qui que ce soit de l’imposer aux autres et surtout d’empiéter sur le fonctionnement des pouvoirs publics…

Après, tout est une affaire d’équilibre…

La vie municipale au quotidien est ponctuée de ces questions :

On veut davantage de services et moins d’impôts.

On veut plus d’équilibre entre les quartiers mais d’abord au bénéfice du sien.

On veut des équipements mais sans nuisances, des commerces mais sans embouteillages, des loisirs mais sans bruit…

Pas simple mes chers concitoyens ! …

Je l’ai rappelé samedi matin en inaugurant le stade synthétique de football Vanacker en plaidant pour un rééquilibrage de la Ville par son Nord et pour une meilleure coopération entre nos 3 clubs de football.

Je l’ai redis lors de mon passage à la Banque alimentaire et chez Cosette pour qu’on n’oublie pas les exclus de notre société.

J’ai plaidé un développement harmonieux de notre métropole au Breucq lors du centenaire du Grand Boulevard.

J’ai soutenu l’apport des personnes handicapées à la richesse et au rayonnement de notre ville à l’IME du Recueil.

J’ai même eu froid au Stadium en assistant à la victoire du LOSC sur Valenciennes avant la défaite de nos basketteuses au Palacium et un nouveau désastre pour le HBCV sans doute condamné à quitter la nationale 1.

Heureusement qu’entre deux, le vin chaud du marché de Noël du Château m’avait quelque peu revigoré.

On me dira : quoi de plus naturel dans tout cela ? Oui sans doute…

Si ce 30 novembre n’avait pas une nouvelle fois vu l’ouverture des Restos du Coeur de Coluche menacés de débordements par la misère croissante en cet hiver 2009/2010.

Une leçon peut-être pour les égoïstes de tous poils qui veulent ignorer les difficultés du temps actuel pour ne penser qu’à leur problème immédiat… qu’il faudrait immédiatement résoudre…

Un mot peut-être sur la grippe A où ce que j’avais prévu se réalise : en quelques jours des structures de vaccination « surdimensionnées » sont en passe d’être insuffisantes.

Et puis oui… mon « coup de gueule du jour » quand j’entends les discours des conseillers généraux et régionaux qui hurlent au loup face aux projets gouvernementaux (que par ailleurs je n’approuve pas).

Et de les entendre répéter sur tous les tons : « si les réformes Sarkozy passent… on ne fera plus ceci… on ne pourra plus faire cela… »

Sans doute, mais la fin des financements croisés, c’est peut-être aussi moins de temps perdu et donc de gaspillages et la possibilité donnée à chaque collectivité compétente de financer seule la totalité du projet…

Et si loyalement … on y réfléchissait ?

Ce qui me conduit à deux citations en forme de conclusions.

« Ne sacrifiez jamais vos convictions politiques pour être dans l’air du temps »

John Fitzgerald Kennedy

 

(et j’ajouterai… d’autant plus que l’air du temps change si vite)

La sauvegarde de notre monde humain n’est nulle part ailleurs que dans le coeur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine.

Vaclav Havel


Et bien sur comme toujours … une petite dernière de Camus extrait de Noces

« Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène »

Lien Permanent pour cet article : http://www.gcaudron.com/?p=403