Discours de Gérard Caudron – Cérémonie du 11 novembre 2025

Cérémonie du 11 novembre 2025

Au pied du Monument aux Morts d’Annappes

Mesdames et Messieurs les anciens combattants que je veux une nouvelle fois saluer

en premier, vous qui êtes toujours présents à nos commémorations patriotiques,

Messieurs les porte-drapeaux, toujours fidèles autour de nos 4 Monuments aux Morts

Villeneuvois et, en cet instant, devant celui d’Annappes,

Mesdames et Messieurs les acteurs de la vie Villeneuvoise qui avez bien voulu

répondre à notre invitation,

Mesdames et Messieurs les musiciens dont la présence est toujours appréciée en ce

qu’elle apporte de solennité à nos commémorations,

Mesdames et Messieurs les représentants des Corps Constitués, nationaux,

régionaux, départementaux, métropolitains et villeneuvois, de la Gendarmerie, des

Médaillés Militaires, de la Légion d’Honneur, de l’Ordre National du Mérite, de la Police

Nationale, de la Police Municipale qu’il serait criminel de désarmer, des Sapeurs- Pompiers et des secouristes,

Mesdames et Messieurs les élus municipaux de Villeneuve d’Ascq, élus de la

Métropole Européenne de Lille, élus départementaux et élus régionaux,

Mesdames et Messieurs les Conseillers de quartiers, membres du Conseil des jeunes

et membres du Conseil des Aînés Villeneuvois

Monsieur le Préfet, Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens

Célébrer le 11 Novembre, fêter l’Armistice de 1918, chaque année et en cette année

2025 plus que jamais, c’est d’abord commémorer la fin d’un conflit qui fût, on ne le

répètera jamais assez, au début du 20ème siècle, le plus meurtrier de l’Histoire du

Monde avec plus de 40 millions de victimes civiles et militaires dont plus de 19 millions

de morts et de 21 millions de blessés, parmi lesquels 1 697 800 français tués et

4 266 000 blessés recensés.

Célébrer le 11 Novembre, c’est, en effet, fêter chaque année le jour où cette tuerie

s’était arrêtée, le jour où on pouvait être tout à la joie de la fin de cette « Grande Guerre

Européenne », comme on l’appelait alors …le jour en effet, où on ne pouvait pas

imaginer qu’elle ne faisait malheureusement que s’interrompre et que l’horreur

recommencerait deux décennies à peine plus tard.

Oui, le 11 Novembre 1918, il y a 107 ans, fut un jour de joie pour les Français(es), pour

les citoyens des pays alliés mais aussi, je le répète tous les ans, une joie altérée, sinon

brisée par les millions de victimes, décédées, blessées ou infirmes… que notre France

et ses alliés avaient connu…

J’ajoute que cette guerre, ne l’oublions jamais non plus, fut un premier coup porté à

l’Europe, prélude d’un second qui, 20 ans plus tard, devait sonner le

commencement de la fin de ce qui restait alors de la primauté de l’Europe dans le

Monde.

Aujourd’hui, « la Grande Guerre de 1914 », comme on l’a longtemps dénommée, est

entrée dans l’Histoire depuis que le dernier de ses combattants a pris « le même

chemin » que ses camarades d’alors.

Depuis, la loi inexorable du temps a fait que cela a donné aux générations qui ont suivi,

toujours davantage de responsabilités.

Il nous appartient, et je ne cesse de le répéter, d’entretenir le souvenir de toutes ces

victimes et de leurs familles dont les vies se sont brisées sur tous les champs de

batailles et dans de multiples circonstances,

des circonstances pas toujours encore aujourd’hui reconnues dans toutes leurs

cruautés ,

des circonstances que d’autres vivent toujours en Ukraine et au Moyen – Orient…

sans oublier tout ce qui se passe ailleurs en Afrique et en d’autres parties du Monde.

Et nous savons bien que ne suffisent pas pour cela les très longues listes de noms

gravés dans la pierre de nos Monuments aux Morts de nos villages et de nos villes,

même si leur lecture est riche d’enseignements sur ce qu’était la France et l’Europe il

y a un peu plus d’un siècle.

Il nous appartient donc toujours d’aller plus loin, d’associer le souvenir des victimes et

la connaissance des causes, des circonstances et des conséquences de cette guerre.

C’est un devoir pour notre mémoire collective et donc pour l’avenir de nos enfants.

Il est, en effet, toujours nécessaire en ces temps de guerre un peu partout dans le

Monde, et plus que jamais, d’expliciter en quoi la connaissance du mécanisme

diabolique qui a mené de conflits nationalistes locaux à un conflit mondial est vitale

pour comprendre notre temps présent, ses incertitudes et ses risques pour l’avenir…

sans oublier un antisémitisme jamais éteint.

Il est nécessaire d’expliquer en quoi la compréhension des dérives qui menèrent d’un

légitime patriotisme à sa caricature nationaliste peut nous aider, aujourd’hui et dans

l’avenir, à gérer les risques de nouveaux et terribles drames comme celui

commencé le 24 février 2022 en Ukraine.

Il est plus que jamais nécessaire de rappeler les horreurs commises, ceux qui s’en

sont rendus coupables, ceux qui en ont été les complices et ceux qui, aujourd’hui, s’en

rendent coupables ou s’en font les complices y compris en ne voulant ni rien voir ni

rien entendre…

Comme beaucoup d’entre nous aujourd’hui, je fais partie de ces générations qui avait

eu l’ineffable chance d’arriver à mon âge sans connaître personnellement

une telle guerre avant que les armées de Vladimir Poutine n’envahissent l’Ukraine.

Cela nous donne et cela me donne des responsabilités particulières à l’égard des

générations qui, les unes après les autres, ont vu leurs rangs décimés par les guerres

du 20ème siècle et aujourd’hui avec de nouvelles générations qui risquent demain

peut-être de connaître, les mêmes horreurs qu’au 21ème siècle.

Cela me donne et cela nous donne aussi collectivement des responsabilités

particulières à l’égard de celles et de ceux de nos concitoyen(ne)s qui, chaque jour

encore, risquent leur vie et qui, pour certain(e)s, la perdent en France et hors de

France pour notre sécurité, pour nos valeurs Républicaines et pour la Paix.

Combattant(e)s de la Paix, combattant(e)s de notre sécurité, ils et elles souffrent et

pour certain(e)s meurent au nom de la France et des Français prenant ainsi place dans

cette douloureuse continuité des victimes que nous célébrons une fois encore

aujourd’hui la mémoire.

Car c’est aujourd’hui en nous battant partout pour de justes Paix et contre tous les

terrorismes que nous sommes fidèles à la mémoire de ceux dont les noms sont gravés

dans notre souvenir, aux fond de nos cœurs… et sur nos Monuments.

Oui vraiment, aujourd’hui, et plus que jamais, c’est en nous battant pour la sécurité

quotidienne de nos concitoyens contre les extrémismes sanguinaires et les

populismes dangereux que nous défendons à notre tour, en nous en donnant tous les

moyens, ce pour quoi nos aînés ont donné leur vie.

Mesdames et Messieurs, nous sommes aujourd’hui ce matin nombreux au pied du

Monument aux Morts d’Annappes pour le 107ème anniversaire de l’Armistice de 1918.

Alors, comme chaque année, en ce 11 novembre 2025 disons-le, proclamons-le et

crions-le… Car c’est plus que jamais nécessaire.

Vive la France, notre Patrie, une patrie qu’on aime, une patrie où je le répète avec

force, quand on y vit, on n’a pas le droit de la haïr !

Vive notre République et ses valeurs démocratiques de Liberté, d’Egalité, de Fraternité

et de Laïcité !

Et qu’enfin revive la Paix partout où elle est mise à mal, et où elle est menacée.

Tel doit être plus que jamais notre serment et tel est mon serment en ce jour de 11

novembre 2025, comme chaque année depuis que j’ai l’honneur d’être Maire, sans

doute aujourd’hui pour la dernière fois.

Oui, donc Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens, avant d’aller maintenant,

tous ensemble inaugurer une « Maison de la Mémoire » à quelques centaines de

mètre d’ici, redisons-le une fois encore,

Vive la République et vive la France !

Gérard Caudron

Maire 11 novembre 2025

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